Accrochées

Ligne de force

60 x 75 cm
Encres colorées sur papier gaufré,
Intégration de toiles
Tableau marouflé sur isorel
Signé et daté au dos

Ligne de force

Les dominantes de rouges et de roses orangés donnent au tableau une facture charnelle. Les mailles griffent en profondeur le support, les scarifications labourent le paysage chromatique soulevé par des reliefs modelés. L’œil s’accoutume progressivement pour découvrir la ligne de force, qui telle un conduit,  traverse en biais la surface. La tension régulière de ce tunnel concave, indique la volonté d’une mise en œuvre d’un passage, d’une tentative d’ ordonnance plus affirmée que des lignes tramées des toiles et des empreintes qui se disloquent. La présence du temps s’exprime justement dans l’érosion des couleurs, l’apparition du papier non peint et par l’oxydation du vide.
L’art est une volonté d’organisation du chaos. Il est ordonné par la géométrie universellement reconnue. Les lignes sont des éléments stables qui régularisent le chaos du graphisme ondulatoire et invasif. La composition semble supplantée par un apparent désordre.

« Il touche, il palpe, il suppute, il mesure l’espace, il modèle la fluidité de l’air pour y préfigurer la forme, il caresse l’écorce de toute chose et c’est au langage du toucher qu’il compose le langage de la vue » Henri Focillon, « la vie des formes » Presses Univers. De France, Paris, 1984 (1943) p.112