Sculptures turbulentes
Racines du ciel

– La sculpture Racines du ciel:
Cette sculpture illustre le dialogue entre l’humanité et la nature. Dans la quête d’une harmonie, pourrait être inspirée de l’architecture gothique, la pièce aspire à une quête vers le ciel, amarrée au seul poids de ses racines. La recherche de légèreté, par la captation de la lumière par les miroirs des formes pleines, puis par la décroissance du nombre et du diamètre des branches qui définissent différents degrés d’élévation, jusqu’à la liberté des brins, exprimant la majesté des flèches. Les lianes de « l’arbre métaphorique » de papier renforcé de métal, pénètre ces formes ogivales garnies d’un amalgames de matières directement prélevées de la nature, lors de mes promenades: écorces, lichens, fibres de bois. A cela j’incorpore des éléments tirés de mes tiroirs, collectionnés et sélectionnés car issus du traitement humain: morceaux de cartons et de ficelles, trames de filets déchirés, miroirs brisés… L’intégration des ressources naturelles et artificiels établissent une relation intime entre l’œuvre et son environnement, invitant à une réflexion sur les apparences du monde. L’ensemble transcende les pesanteurs et les incohérences de notre existence, exprimant ainsi les métamorphoses que l’on fait subir à notre environnement en nous invitant à la réflexion sur notre lien avec le « vivant sacré ».
» Les arbres sont des poèmes que la terre écrit sur le ciel » Khalil Gibran
– Éclairages sur la série Hors Sol :
Le système « hors sol » est une culture intensive sans terre. C’est également ma proposition artistique sous la forme de six spécimens posés à même le sol qui élaborent une réflexion autour de l’idée de l’Homme et de la Nature. J’expérimente de nouvelles formes de création avec l’utilisation de matériaux simples, comme l’Arte Pavera. L’ensemble des œuvres biosourcées, se décline avec de nouvelles propositions, à la recherche d’une hybridation entre la nature et la représentation humaine. Réalisés dans une volonté de création biosourcée, la série se décline en voiles de cellulose, en bois et métal gainés de papier, avec des insertions de cartons, de bris de miroir, morceaux de toiles, d’écorces, de lichens prélevés dans les bois, et en contrepoids, de plomb.
- L’absence de socle qui évite l’enracinement de la « sculpture-plante », montre que chacune est un élément artificiel mais également vulnérable.
- L’insertion du vide entre les ligaments, racines et branchages, apporte une respiration. Ces formes longilignes se mettent à vibrer sous le passage de l’air.
- La légèreté des pièces et la blancheur du papier, donnent une tonalité de référence.
- L’ondulation est une expression douce de la nature, qui tente de s’étendre ou de s’accrocher.
- L’étirement vers le haut, mimétisme de la croissance des végétaux, ne répond-t-il pas à un désir d’ascendance pour rechercher la lumière, la grandeur, l’expansion, spécifique à la vie ?
– Pourquoi évoquer la culture Hors sol ?
-« Hors sol » est une prise de conscience face au tumulte du monde et des êtres impactés qui le peuplent, soumis aux désordres, à l’instable, à la fragilité. Force est de constater que la réalité ne colle plus aux décisions, où le bon sens et la sagesse se dérobent sous nos pieds, ébranlant nos certitudes. Où le progrès est source d’inquiétude plus que le garant d’espoir, l’exploitation massive supplante la réponse à un simple besoin et au respect des ressources. Alors que les COP se succèdent, or nous sommes des témoins impuissants face aux États du Monde qui peinent à s’organiser unanimement pour prendre des mesures face du danger qui menace notre planète et la vie qu’elle abrite .
-« Hors sol » nous questionne sur un système de culture intégré et évolutif s’inspirant des écosystèmes naturels. C’est également une démarche éthique et une philosophie qui s’appuient sur trois piliers : « prendre soin de la Terre, prendre soin des humains et partager équitablement les ressources.
La série est une invitation autour d’une thématique mobilisatrice, engagée, plus que jamais dans une actualité teintée d’urgence face à ces enjeux climatiques et la place que pourrait y prendre l’Anthropocène. Elle est aussi une approche vers des sujets graves par le biais de ce qui est reconnaissable, familier. La piste d’un désir à contribuer à réenchanter le monde.
*· Hydroponie: la culture a lieu dans de l’eau contenant des nutriments dissous, sans aucun substrat. Aéroponie: les racines sont suspendues dans l’air et pulvérisées à intervalles réguliers avec une solution nutritive.